La BCE, qui se présentait comme « data dependent », a surpris les marchés en 2026 : après avoir relevé ses taux le 11 juin (dépôt à 2,25 %, refinancement à 2,40 %, prêt marginal à 2,65 %), première hausse en trois ans, elle a rapidement laissé entendre qu’une nouvelle hausse en juillet devenait improbable. La probabilité d’une hausse le 23 juillet est ainsi tombée à environ 10 %, contre un scénario initial de trois hausses sur l’année.
Cette pause est économiquement justifiée : la croissance de la zone euro est fragile (risque de récession en Allemagne évalué à 34 % par l’IMK), et les anticipations d’inflation des consommateurs reculent (3,5 % en mai contre 4,0 % en avril). Mais l’inflation reste très hétérogène selon les pays (France 1,8 %, Allemagne 2,3 %, Espagne 3,2 %, Italie 3,0 %), posant la question de fond : peut-on piloter une zone aussi disparate avec un taux unique ?
La réunion du 23 juillet, sans nouvelles projections macroéconomiques, sera donc surtout un test de crédibilité pour la BCE après ce revirement rapide de discours. L’enjeu réel ne sera pas la décision de taux elle-même, mais la conférence de presse de Christine Lagarde, scrutée par les marchés obligataires et les entreprises pour évaluer si l’institution garde le cap ou navigue « à vue ».
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