Bourse de Paris : le CAC 40 termine une semaine sous tension entre Fed, taux obligataires et pétrole…

La semaine du 14 au 18 septembre 2026 aura été l’une des plus disputées de la rentrée pour la Bourse de Paris. Entre la première réunion de politique monétaire scrutée de près depuis l’arrivée de Kevin Warsh à la tête de la Réserve fédérale, la remontée des rendements obligataires français et un baril de Brent solidement installé au-dessus des 100 dollars, le CAC 40 aura dû composer avec des vents contraires venus de tous les fronts.

Clôture le vendredi 18 septembre 2026 : 8053 pts, – 1,56 %

Une semaine en dents de scie

Lundi 14 septembre a donné le ton avec un repli de 0,76 %, l’indice retombant à 8 117,78 points dans un climat déjà marqué par le recul généralisé des valeurs technologiques et liées à l’intelligence artificielle : Nvidia a cédé 3,4 %, Micron Technology plus de 5 %, tandis que Broadcom et AMD perdaient chacune plus de 4 %. L’indice sectoriel américain des semi-conducteurs, le PHLX, plongeait alors de 5,9 %.

Mardi 15 septembre, le repli s’est poursuivi mais s’est atténué, à -0,34 % (8 090,28 points), sur fond de pression persistante sur les valeurs du luxe. L’événement marquant de la séance a été le basculement de la première capitalisation du CAC 40 : pénalisé par des révisions d’analystes et par la faiblesse de la demande chinoise, LVMH a cédé sa place de numéro un parisien à L’Oréal.

Le mercredi a marqué un retournement technique, avec un gain de 0,62 % à 8 140,59 points, porté notamment par l’industrie et ArcelorMittal. Jeudi a prolongé ce rebond avec une nouvelle progression de 0,57 %, l’indice clôturant à 8 186,93 points, sa meilleure séance de la semaine, dans un contexte de digestion de la décision de la Fed et de repli passager des inquiétudes sur les taux. Ce rebond de deux séances consécutives a été alimenté par la baisse du prix du pétrole, le Brent reculant alors sous les 104 dollars.

Vendredi, la journée des « quatre sorcières »

La semaine s’est achevée sur la séance trimestrielle d’échéance des produits dérivés, la fameuse journée des « quatre sorcières », où l’expiration simultanée des contrats à terme et des options sur indices et sur actions génère traditionnellement des volumes et une volatilité bien supérieurs à la normale. En matinée, l’indice évoluait en territoire positif, autour de 8 187 points, porté par le rebond de Wall Street la veille au soir (le Nasdaq avait bondi de 1,69 %) et par la décision de la Banque du Japon de relever ses taux.

Les valeurs qui ont fait la semaine

Sous pression : le secteur du luxe a continué de perdre du terrain tout au long de la semaine, LVMH et Hermès en tête, pénalisés par la faiblesse de la demande chinoise, un mouvement suffisamment marqué pour faire perdre à LVMH son rang de première capitalisation du CAC au profit de L’Oréal. Les valeurs bancaires, Société Générale et BNP Paribas notamment, ont également souffert en début de semaine de l’élargissement des spreads souverains franco-allemands, l’écart entre les taux à 10 ans français et allemand continuant de se creuser. Les semi-conducteurs, Soitec et STMicroelectronics en particulier, ont subi des prises de bénéfices après leur rally estival.

À l’inverse, la défense et l’aéronautique, avec Thales et Safran, ont continué de bénéficier de carnets de commandes record et des tensions géopolitiques persistantes. TotalEnergies a servi de valeur refuge indicielle avec un Brent durablement installé au-dessus des 100 dollars. Capgemini et Dassault Systèmes ont connu un net rebond de soulagement en milieu de semaine, les investisseurs revenant chasser les bonnes affaires sur des valorisations technologiques dépréciées.

Le contexte macroéconomique

Cette semaine boursière s’est déroulée sous le signe de la prudence monétaire. La Fed, sous la présidence de Kevin Warsh, a procédé à une hausse de 25 points de base,une décision suivie de près par les marchés compte tenu du changement de style de communication opéré depuis son arrivée à la tête de l’institution en juin. Du côté obligataire, le rendement de l’OAT française à 10 ans a franchi le seuil symbolique des 4,50 %, creusant l’écart avec le Bund allemand et ravivant les interrogations sur la trajectoire des finances publiques françaises. Enfin, le pétrole est resté un facteur de tension constant, le Brent évoluant au-dessus des 100 $ le baril tout au long de la semaine, entretenant les craintes inflationnistes en zone euro.

Plus fortes hausses :

Coface, + 8,90 % à 17,49 €
Exosens, + 2,97 % à 60,65 €

Plus fortes baisses :

Orange, -5,83 % à 15,03 €
stellantis, – 5,43 % à 4,198 €

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