Le CAC 40 termine la semaine sur un repli d’environ 1,3 %, entre pétrole cher et luxe sous pression

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La Bourse de Paris boucle la semaine du 7 au 11 septembre sur une note négative, le CAC 40 cédant environ 1,3 % sur cinq séances pour terminer, selon les données disponibles, autour des 8 171 points, après un rebond technique vendredi porté par l’aéronautique. L’indice parisien aura vécu une semaine en deux temps, entre une entame prudente et un net accès de nervosité en milieu de semaine.

Une semaine rythmée par le pétrole, la BCE et le luxe

Lundi, la place parisienne a ouvert la semaine sans boussole américaine, Wall Street étant fermée pour le Labor Day : le CAC 40 a grappillé 0,33 % à 8 306,15 points. Mardi, l’indice est resté quasiment stable (+0,14 % à 8 317,98 points), le marché hésitant déjà face à la remontée des cours du pétrole. Le vrai coup de tabac est survenu mercredi, avec un repli de 1,94 % à 8 156,67 points : le secteur du luxe a plongé après l’abaissement par HSBC de sa recommandation sur LVMH, dans un climat par ailleurs tendu par la remontée des rendements obligataires souverains. Jeudi, la BCE a acté un relèvement de ses taux directeurs face à la persistance de l’inflation énergétique, ce qui a de nouveau pesé sur l’indice, en repli de 0,49 % à 8 116,76 points, sa clôture la plus basse depuis plusieurs mois. Vendredi, la cote parisienne aurait amorcé un rebond technique porté par l’aéronautique, l’indice regagnant environ 0,67 % pour revenir autour de 8 171 points.

Le luxe et les financières en première ligne

Le compartiment du luxe a été le grand perdant de la semaine. LVMH, Kering et Hermès ont décroché mercredi après que HSBC a abaissé sa recommandation sur LVMH d’« acheter » à « conserver », ramenant son objectif de cours de 600 à 490 euros. La banque invoquant une visibilité réduite pour le second semestre, entre bases de comparaison plus exigeantes et ralentissement persistant en Chine continentale. Hermès et Kering ont vu leurs objectifs de cours réduits dans la foulée.

Les valeurs financières, à commencer par Société Générale et BNP Paribas, ont également été prises dans le mouvement d’aversion au risque et la remontée des rendements souverains, corrigeant en milieu de semaine, même si plusieurs analystes (Deutsche Bank, Morgan Stanley) ont réaffirmé leurs objectifs haussiers sur le dossier Société Générale. Plus largement, le tour de vis monétaire de la BCE et la vigueur du pétrole ont pesé sur les valeurs sensibles aux taux, notamment l’immobilier coté et les infrastructures.

L’aéronautique et l’énergie en soutien

À l’inverse, l’aéronautique et la défense ont porté le rebond de fin de semaine, Safran et Airbus figurant parmi les meilleures progressions vendredi, soutenus par des annonces commerciales et une résilience opérationnelle continue. TotalEnergies a également joué son rôle de couverture face à la flambée du brut, terminant la semaine sur une note positive. Hors CAC 40, au sein du SBF 120, Soitec s’est distinguée par une forte progression hebdomadaire, portée par l’appétit renouvelé pour les composants dédiés à l’intelligence artificielle et un relèvement d’objectif de Jefferies.

Elis : le désendettement salué, mais le titre recule

Le titre Elis a traversé une semaine difficile, glissant d’environ 23,42 euros à la clôture du 4 septembre à 22,60 euros ce vendredi, soit un repli hebdomadaire de l’ordre de 3,5 %. Ce recul intervient malgré une résilience opérationnelle démontrée en 2025 (chiffre d’affaires de 4,8 milliards d’euros, en hausse de 4,9 %) et des marges tenues au premier semestre : le marché reste prudent face au ralentissement économique européen et aux répercussions potentielles des coûts énergétiques sur les blanchisseries industrielles du groupe. Elis a par ailleurs officialisé vendredi le remboursement anticipé de ses obligations OCEANE 2029, pour un montant nominal de 380 millions d’euros, après avoir lancé début septembre son plan d’actionnariat salarié « Elis for All ». Ce désendettement, sain pour le bilan, s’accompagne néanmoins d’une consolidation du titre après ses récents sommets estivaux au-delà de 28 euros. La direction maintient sa trajectoire de croissance rentable pour 2026, avec une réduction attendue du levier financier d’environ 0,1x ; le consensus des analystes demeure globalement positif, autour de 26 euros à court terme, RBC visant 28 euros.

Société Générale : une semaine agitée mais finalement stable

Après avoir ouvert la semaine en fanfare lundi à 75,07 euros, le titre Société Générale a connu un coup de frein mercredi jusqu’à 73,49 euros, dans le sillage du décrochage général de la cote, avant de rebondir nettement en fin de semaine pour clôturer vendredi à 74,64 euros, en hausse de 1,03 % sur la seule séance. Sur l’ensemble de la semaine, l’action est restée quasi stable, en légère progression par rapport aux 74,18 euros du vendredi 4 septembre. La banque a pâti en milieu de semaine de son profil à fort bêta lors du mouvement d’aversion au risque général, avant de trouver un appui technique solide autour de 73 euros.
Le titre reste par ailleurs soutenu par plusieurs catalyseurs : Deutsche Bank a relevé son objectif de cours de 81 à 86 euros à l’achat en cours de semaine, rejoignant Morgan Stanley qui vise 94 euros ; le programme de rachat d’actions de 1,5 milliard d’euros et la perspective d’un acompte sur dividende de 0,75 euro prévu début octobre continuent d’encadrer le titre ; enfin, la mise en œuvre du plan stratégique (intégration du réseau SG, montée en puissance de BoursoBank, coefficient d’exploitation ramené à 58,6 % au deuxième trimestre 2026) continue de crédibiliser l’objectif d’un ROTE supérieur à 12 %.

Qu’est-ce que le ROTE ?

Le ROTE, pour « return on tangible equity » (rentabilité des capitaux propres tangibles), mesure la capacité d’une banque à générer du profit à partir de l’argent que lui ont confié ses actionnaires, une fois exclus les actifs immatériels comme le goodwill (la survaleur comptable issue d’acquisitions passées). Concrètement, on divise le résultat net par les fonds propres tangibles : plus le ratio est élevé, plus la banque rentabilise efficacement chaque euro apporté par ses actionnaires. C’est l’indicateur de référence pour comparer la rentabilité des grandes banques entre elles, notamment en Europe, où il a largement supplanté le ROE classique (qui inclut le goodwill et donne une image parfois trompeuse de la performance réelle). Un ROTE supérieur à 12 %, comme celui visé par Société Générale, est généralement considéré comme un niveau satisfaisant pour une banque européenne, sachant que le coût du capital exigé par les investisseurs tourne le plus souvent autour de 10 à 12 % selon les établissements.

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